Sauvetage du site archéologique et naturel de Montmaurin


Notre confrère Marcel Delpoux a été l’intermédiaire de l’Académie et de son président dans notre implication pour défendre et finalement contribuer à sauver le site de MontMaurin menacé par les projets d’extension d’une carrière. Thérèse Miro, responsable du Musée archéologique de Montmaurin et Sylvia Belair, présidente de l’association « Entre Save et Seygouade, Montmaurin » ont joint à leur lettre de remerciements le dossier ci-joint :

 

Vue aérienne de la villa gallo-romaine

 

 

MONTMAURIN-LESPUGUE en HAUTE-GARONNE : 

« un site archéologique et naturel unique en Europe » (Louis Méroc) 

sauvé de la destruction par le Tribunal administratif de Toulouse (jugement du 24 octobre 2013)    

 

La Vénus de Lespugue (22 000 ans), la villa-gallo-romaine de Montmaurin (Ier à IVème siècles ap. J.C.), la Mandibule pré-néandertalienne de Coupe-Gorge, le squelette du Lion des cavernes (140 000 ans), sont, dans ce site, les parties émergées les plus célèbres d’un patrimoine archéologique et paléontologique dont l’importance et la diversité ont été démontrées par des archéologues pionniers exceptionnels : René de Saint-Périer, Georges Fouet, Louis Méroc et leurs collaborateurs.

Au total, fossiles humains et objets ou traces d’origine anthropique, faunes et flores contemporaines des populations successives, démontrent une occupation humaine continue de 400 000 ans. Ceci résulte de la qualité exceptionnelle du remplissage dans plus de 100 diaclases et cavités répertoriées dans le dôme karstique entaillé par les vallées de la Seygouade et de la Save à hauteur des Gorges de cette dernière rivière (Isaure Gratacos). A ce titre, le dôme karstique et ses environs constituent un conservatoire archéologique et paléontologique exceptionnel dont le potentiel, à ce jour, n’a été que partiellement découvert.

Par ailleurs, le même site a permis, grâce à sa très grande diversité écologique, le maintien d’espèces représentantes de nombreux types de flores et de faunes  – notamment de chiroptères – inféodées : méditerranéenne, subméditerranéenne, atlantique, médio européenne, montagnarde, bord des eaux, dont les migrations liées aux grandes crises climatiques quaternaires sont à l’origine de la mise en place d’une mosaïque végétale originale et rare expliquant, avec la richesse faunistique associée, le classement de la totalité de l’interfluve Save-Seygouade en Zone Naturelle à Intérêt Floristique et Faunistique (ZNIEFF de type 1).

En partie détérioré par d’anciennes carrières, ce géomorphosite exceptionnel était menacé de destruction, à terme totale, par une énorme carrière industrielle. Le Conseil Général de la Haute-Garonne, l’Association « Entre Save et Seygouade » de Montmaurin, appuyée par l’Association « Nature-Comminges » et l’Association ADAQ-Vie, ont introduit, auprès du TA de Toulouse, des requêtes en vue de l’annulation de l’arrêté préfectoral autorisant l’ouverture de cette carrière. Ces requérants ont été suivis par de nombreuses voix sous la forme de courriers, mémoires, motions et de deux pétitions, l’une locale et citoyenne, ayant recueilli plus de 4000 signatures parmi les visiteurs du musée de Montmaurin, l’autre, internationale, signée par plus de 350 scientifiques ou éminentes personnalités, répartis dans de nombreux pays du monde !

S’appuyant sur les caractéristiques décrites ci-dessus et sur d’autres arguments, soulignant notamment les insuffisances de l’étude d’impact déposée par l’industriel, le Tribunal a annulé l’arrêté préfectoral d’avril 2009. Sauf appel à la décision prise en première instance, la carrière ne sera pas ouverte et le site sera, il faut le souhaiter, définitivement protégé et valorisé aux plans culturel et touristique avec retombées économiques vers les collectivités locales.

L’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles Lettres de Toulouse se félicite et s’honore d’avoir voté à l’unanimité une motion attirant l’attention des décideurs sur la qualité du site menacé et demandé l’interdiction d’ouverture de la carrière.

Les illustrations ci-dessous donnent une idée plus précise des caractéristiques du site et des découvertes déjà effectuées.

 

 

MONTMAURIN-LESPUGUE en Haute-Garonne, un conservatoire géologique,

géomorphologique, paléontologique, préhistorique, historique, phytogéographique,

floristique et faunistique exceptionnel.

Avec l’aimable participation de l’Association Entre Save et Seygouade, Montmaurin.

 

Illustrations (cliquer sur les chiffres pour les visionner):

Affiche : « Visitez Montmaurin: Mosaïques de paysages et de sites (2011) ».

1 : Carte de situation de Lespugue-Montmaurin par rapport à Toulouse (Préhistoires Méditerranéennes).

2 : Vue plongeante vers l’aval des Gorges de la Save avec entaille d’une ancienne petite carrière fermée depuis longtemps pour protection du site (photo Jacques Sabloux).

3 : Au fond et au cœur des Gorges de la Save : quiétude et fraîcheur au plus chaud de l’été

4 : Ancienne carrière Miro dite de Coume de Robert, site des découvertes de la Mandibule pré-néandertalienne et du squelette du Lion des cavernes (300.000 et 140 000 ans) (photo Ph. Le Caro).

5 : Schéma structural des Cavités karstiques « fertiles » en fossiles, de Coume de Robert (par G. Simonnet, d’après une photographie).

6 : La mandibule pré-néenderthallienne de Montmaurin découverte à Coupe-Gorge en 1949 sur le site de Coume de Robert (photo. J. Sabloux).

7 : Le squelette de Lion des cavernes  (140 000 ans) découvert à Coupe-Gorge sur le site de Coume de Robert (photo J. Sabloux).

8 : La Vénus de Lespugue (22 000 ans) découverte dans une cavité des gorges de la Save en 1922 (photo J. Sabloux).

9 : Autres objets remarquables parmi les nombreuses pièces ou documents exposés au Musée de Montmaurin (photographies J. Sabloux).

10 et 10bis : La villa gallo-romaine de Montmaurin (Ier au IVème siècles ap. J.C.) (photo aérienne J.Jacques Herren de Survol de France, et celle de Raphaëlle Miro).

11 : La porte d’entrée du château pré médiéval de Roquebrune – Le Castet mise à jour par les fouilles préventives de l’INRAP , juin 2010 (rapport INRAP, février 2011 ; photo Dépêche du Midi Comminges du 24/06/2010).

12 : Une mosaïque végétale originale et exceptionnelle mise évidence par la carte de la végétation de la France établie par le C.N.R.S.

13 et 14 : Une grande diversité phytogéographique arborée (pp. 18 et 24)

15 : Le lys martagon plante de montagne emblématique

16 : L’anémone sylvie, plante printanière des sous-bois de la hêtraie.

17 : Le pic mar (photo J.Pierre Mary).

18 et 19 : Les chiroptères : le petit rhinolophe (chauve-souris) et une de ses colonies (photo J.Michel Parde, AREMIP).

20 : Foisonnement de trésors actuels et passés sur et dans l’interfluve Save-Seygouade et ses proches milieux environnants.

 

Mosaïque